Les enfants de moins de 3 ans sont les plus sensibles aux otites à répétition. Les récidives et leurs complications sont assez fréquentes. Heureusement, l’otite se soigne très bien, et se prévient tout aussi bien.
Les petits sont plus sensibles
Il y a deux sortes d’otite : l’otite aiguë est une infection douloureuse et purulente de l’oreille interne; l’otite sérieuse est une complication de l’otite moyenne aiguë.
Les plus petits sont des cibles privilégiées de l’infection de l’oreille pour trois raisons.
La première est que, jusqu’à 5-6 ans, leur trompe d’Eustache est plus large et plus courte (2,5 cm) que celle de l’adulte. Elle se trouve donc plus proche des voies nasales, véritables foyers microbiens.
La deuxième est que, au cours de la petite enfance, les végétations adénoïdes, qui tapissent l’arrière-nez et font rempart contre les infections, sont en " surchauffe " chronique. Pour faire face, elles deviennent plus volumineuses et par conséquent, obstruent la trompe d’Eustache.
La troisième est que, avant 18 ans, les enfants n’ont pas encore développé leurs défenses immunitaires contre les germes qui occasionnent les otites.
Repérer les symptômes
L’otite moyenne aiguë reste la plus fréquente chez les moins de 2 ans : l’enfant a mal à l’oreille, ce qui le rend grognon et le fait pleurer surtout la nuit. Il a de la fièvre, il a de la diarrhée ou vomit. Plus grand, il aura de la température et se plaindra de maux d’oreilles soudaines et sévères. Le seul symptôme qui signale l’otite sérieuse est la baisse d’audition, pas facile à repérer : l’enfant fait répéter les phrases, monte le son de la télévision, parle fort ou au contraire, quand il est plus petit, se replie sur lui-même.
Consulter systématiquement et traiter
Une otite non détectée peut occasionner une mastoïdite (infection de l’os situé derrière l’oreille) ou une méningite. Les otites à répétition finissent aussi par dégrader le tympan qui peut devenir moins performant. Il est nécessaire de consulter, même si vous croyez savoir ce que c’est et comment la soigner.
L’antibiotique pendant 8 à 10 jours est systématique chez les enfants de moins d’un an, en association avec des analgésiques pour diminuer la douleur et la fièvre. Chez les plus grands, l’antibiotique peut être remplacé par un anti-inflammatoire non-stéroïdien ou à base de cortisone. En complément, le lavage du nez est impératif. Proscrivez les gouttes auriculaires, sauf avis médical. Les douleurs disparaissent au bout de 2 à 3 jours et l’enfant est guéri en moins d’une semaine.
Récidives
Dans 50 % des cas, l’otite a tendance à récidiver. En cas d’otite sérieuse ou à répétition, on préconise d’enlever les végétations puis d’insérer un drain trans-tympanique, petit tube d’aération qui permet de rééquilibrer la pression de l’air et de drainer les sécrétions. Réservée aux enfants de plus d’un an, cette double opération indolore, d’une durée de 15 minutes, est pratiquée sous anesthésie générale. Les drains en titane et certains en silicone permettent à l’enfant de se baigner. Le petit tube s’élimine spontanément en dix à douze mois, au terme desquels un contrôle ORL est obligatoire.
Mieux vaut prévenir : les bons réflexes
Les promenades ont du bon : au contact de l’air frais, les petits vaisseaux se contractent, ce qui décongestionne l’ensemble des organes de la sphère ORL. Résultat : les sécrétions circulent mieux et ne stagnent plus.
Mouchez bébé plusieurs fois par jour, en période épidémique : avec un mouche-nez, après le bain, ou du sérum physiologique deux à trois fois par jour si le nez est encombré. Evitez les mouchages intempestifs qui irritent les muqueuses nasales.
La carence en fer favorise les infections à répétition. Les laits infantiles en sont enrichis. Lorsque l’alimentation est diversifiée, donnez-lui sa ration normale de viande, oeuf, poisson, sans oublier les fruits frais dont la vitamine C permet de mieux assimiler le fer.