" Je veux pas ! "

Bébé sait ce qu’il veut. Il l’a toujours su, mais aujourd’hui, il le dit haut et fort. Ou plutôt, il ne sait pas ce qu’il veut... Il dit simplement " non " puis se fâche, plutôt sur lui-même d’ailleurs. Essayez d’y voir clair...

De 18 à 24 mois, l'âge du " non "
Au début, les signes restent discrets : il détourne juste un peu la tête lorsque vous avancez la cuillère pour signifier qu'il n'a pas envie de manger... Ou encore, il fait semblant de ne pas voir que vous lui tendez son manteau. Et puis, le cri sort : " Non ! " Désormais, vous n'allez plus cesser de l'entendre. Il va s'opposer à tout ce que vous lui proposez. Sortir faire une promenade, aller prendre son bain, rendre visite à sa mamie. Même si c'est quelque chose qu'il aime, d'ailleurs !

Le message de bébé
Jusque-là, votre enfant ne faisait que ce que vous, ses parents, lui disiez de faire. Mais il commence à trouver qu’il n’a pas la monnaie de sa pièce : vous ne faites pas ce qu'il veut, lui ! Au contraire même, puisque vous vous évertuez à le contrarier. Il n'a pas le droit de toucher à ce joli vase en cristal si attirant, ne peut pas sortir seul dans le jardin, doit résister à son envie de vider les tiroirs... Entre 1 an et 18 mois, l'enfant découvre aussi le " non " dans votre bouche. Un petit mot magique puisqu'il l'arrête net. Le mot de la prise de pouvoir. Alors, pourquoi cela ne serait-il pas utile pour lui aussi ? Il va donc l'utiliser à son tour pour manipuler les autres. Le " non " est une façon saine et vigoureuse d'affirmer : " C'est moi qui décide pour moi. " Souvent, il est en fait d'accord avec ce que vous proposez. Il dit " non " mais fait " oui ", et ce " non " est là pour vous signifier que s'il accepte votre proposition, ce n'est pas parce qu'il y est contraint mais parce qu'il le veut bien.

Comment l'aider à s’y retrouver ?

  • Ses premiers " non " peuvent encore être facilement contournés parce qu’à ce moment-là, il dit non pour dire non. Restez ferme dans votre message et faites-lui comprendre que vous avez compris son " non ", mais qu’on va quand même faire comme vous l’entendez. Il suffit généralement de distraire son attention pour l'amener là où vous voulez : " Si on va au parc, on pourrait peut-être passer par les balançoires, qu'en dis-tu ? " Vous verrez alors le petit entêté d’il y a cinq minutes va enfiler son manteau, en oubliant qu'il avait décidé de ne pas mettre le nez dehors !
  • Limitez les conflits aux choses vraiment importantes. Après tout, s'il a envie de mettre son pull bleu au lieu du gris, qu'est ce que cela change ? A chaque famille de déterminer ce sur quoi il n'y a pas à transiger (l'heure du coucher, le respect de l'autre, les bonnes habitudes alimentaires...) et le moment où votre enfant peut donner son avis, ou choisir lui-même.
  • Mais si le sujet vous paraît important ou essentiel, n'ayez pas peur de couper court à la discussion en affirmant : " C'est comme ça, et pas autrement ! " Cela met un terme à la crise et, finalement, cela le soulage.

Sachez que plus votre enfant va grandir, plus son " non " prendra vraiment valeur de négation, et plus il poussera son refus jusqu'au conflit. " Qui décide de ce qui me concerne ? " semble-t-il dire. Il faut lui faire comprendre que ce n'est pas lui. Lâcher prise semble parfois plus facile que de se battre avec lui, mais il a besoin que vous teniez bon et posiez clairement les limites.