Manger sain? Montrez le bon exemple

Martine Robert, hoofddiëtiste in het Koningin Fabiola Kinderziekenhuis te Jette Les parents exigent le meilleur pour leur enfant. En matière d'alimentation aussi. Mais tout n'est pas rose tous les jours. Papa et maman s'inquiètent dès que leur bébé ou jeune enfant boude son repas. Heureusement, la solution est en général très simple.

Virginie De Laet, de Namur, est la fière maman de Thomas (7) et Axel (1,5) et la belle-mère de Léo (8). Ses fils ont reçu le sein pendant trois mois avant de passer au biberon. ‘C'est alors que les problèmes ont commencé pour Thomas. Il régurgitait tout son lait. Et pourtant, il n'était pas allergique. J'ai essayé à peu près tous les laits de suite, mais rien n'y faisait. Finalement, je suis très vite passée à l'alimentation solide.’


La régurgitation

Martine Robert, chef diététicienne à l'Hôpital Universitaire des Enfants Reine Fabiola à Jette, le confirme: les problèmes commencent souvent après l'allaitement. ‘La régurgitation (ou reflux gastrique) est le problème le plus fréquent chez les bébés. Il peut être dû à une immaturité de l'œsophage ou de l'estomac, voire à une allergie. Mais bien souvent, c'est une simple question de volume. Certains parents ne donnent que quatre biberons par jour, mais des biberons remplis de gros volumes de lait. Le bébé a du mal à digérer de telles quantités; il régurgite. La solution est simple: multipliez les biberons mais diminuez les portions.’


Le passage aux aliments solides

‘Chez Thomas, le passage à l'alimentation solide s'est fait sans heurts: il mangeait de tout’, témoigne Virginie. ‘Mais notre plus jeune est un vrai capricieux. Parfois, il rechigne après deux bouchées. C'est un accro aux bouillies, qui continue à réclamer son biberon…’
Martine Robert: ‘L'âge idéal pour initier les enfants aux aliments solides oscille entre 5 et 6 mois. C'est la période où l'enfant doit apprendre à mâcher, à découvrir de nouvelles saveurs et consistances, à manger à la cuillère, etc. S'il passe à côté de ces apprentissages à cette étape, il deviendra difficile à table plus tard.’


Les jeunes enfants absorbent trop de protéines.

Martine Robert, chef diététicienne: ‘En guise de collation, de nombreux parents donnent à leurs enfants des petits fromages blancs au goût fruité au lieu d'un vrai fruit. Les enfants raffolent de ces petits fromages doux et sucrés. Mais ceux-ci ne remplaceront jamais un vrai fruit, qui fournit d'autres nutriments essentiels. En plus, ce n'est pas avec ces fromages que votre enfant apprendra à mâcher et à découvrir de nouvelles saveurs. Plus tard, ces enfants n'auront plus aucune envie de croquer dans une pomme.’
‘Ces fromages sucrés contiennent beaucoup de protéines. Or, l'alimentation de nos tout-petits est déjà trop riche en protéines. Diverses études scientifiques révèlent que les enfants habitués à une alimentation trop protéinée risquent davantage de développer un surpoids plus tard. Veillez donc à ce que vos enfants n'abusent pas de ces petits fromages.’


Comment savoir si mon enfant absorbe suffisamment de nutriments?

‘En journée, Axel mange en famille, tout simplement’, raconte Virginie. ‘Ce sont des repas à base de pain. En guise de collation, les enfants reçoivent un yaourt ou un fruit. Et le soir, nous mangeons chaud. J'essaie de varier les plats – beaucoup de poisson, chaque jour des légumes différents – mais je ne choisis pas les aliments pour leur teneur particulière en tels nutriments. Tant que la courbe de croissance des enfants reste normale, je pars du principe que tout est en ordre.’
Martine Robert, diététicienne: ‘C'est en effet le meilleur baromètre pour savoir si votre enfant absorbe suffisamment de nutriments. Si votre jeune enfant se développe normalement, il n'y a aucune raison de s'inquiéter. Les parents veulent parfois donner trop à manger à leur enfant. Privilégiez les petites quantités et si votre enfant a encore faim, il vous le fera bien comprendre.’


Mon enfant refuse de manger cela…

Martine Robert, diététicienne, reçoit de nombreuses questions de parents désemparés face au refus de leur enfant de manger certains aliments. ‘Dans le ventre de sa mère, le bébé a déjà l'occasion de goûter à diverses saveurs; l'allaitement aussi lui permet de découvrir les goûts que sa maman apprécie’, explique Martine Robert. ‘Souvent, un enfant n'aime pas tel aliment parce que ses parents n'en mangent pas non plus. Si vous voulez que votre enfant mange des fruits et des légumes, mangez-en aussi. Si vous voulez que votre enfant déjeune tranquillement, faites de même. Montrez-leur l'exemple. Faites également participer vos enfants à la préparation des repas. Les enfants aiment faire les courses avec vous et choisir eux-mêmes les pommes que vous allez préparer. Coupez ensemble les pommes en dés ou en triangles. Faites-en un jeu. L'enfant associera alors le repas à une partie de plaisir.’


C'est ça ou rien d'autre

Virginie: ‘Mes enfants doivent manger ce qu'on leur sert et ne peuvent quitter la table avant d'avoir goûté.’
Martine Robert: ‘Il est bon de faire régulièrement découvrir de nouvelles saveurs à votre enfant. Il faut parfois faire goûter jusqu'à 10 fois un aliment à un tout-petit avant qu'il n'en apprécie le goût. Mais il ne faut pas forcer votre enfant à manger tel ou tel aliment. Ce n'est pas grave du tout si un enfant ne termine pas son assiette. Limitez à 20 ou 30 minutes le temps que votre enfant passe à table. Ensuite, retirez-lui son assiette. Un enfant en bonne santé ne se laissera jamais mourir de faim. Ce qu'il ne faut surtout pas faire, c'est poursuivre votre enfant avec une cuillère dont il n'a pas avalé le contenu. Cela ne ferait que le dégoûter de manger.’ Mais alors… ne lui donnez rien d'autre après! Beaucoup de parents commettent l'erreur de lui glisser quand même un biscuit ou un morceau de tarte, après coup. C'est comme si vous récompensiez son refus de manger. Il faut rester cohérent et obliger votre enfant à attendre le prochain repas en famille.’


Prenez le temps de manger!

De nos jours, les parents mènent souvent une vie trépidante. Ils disent ne pas avoir le temps de cuisiner et de manger ensemble’, souligne Martine Robert. ‘Ce n'est pas une bonne idée si vous voulez inculquer de bonnes habitudes alimentaires à votre enfant. Cuisiner sain demande rarement plus de temps que de glisser une pizza au four. Il faut absolument que les parents prennent conscience de la grande responsabilité qu'il portent sur ce plan.’


Je ne veux pas que mon enfant grossisse

Virginie: ‘Je ne donne pas plus d'un biscuit par jour à mes enfants. Thomas a droit à maximum 2 verres de boisson rafraîchissante par jour. Quant aux snacks sucrés ou salés (chips), ils sont plutôt exceptionnels. J'étais moi-même boulote étant petite, et je veux absolument éviter que mes enfants suivent la même voie.’
Martine Robert: ‘Aujourd'hui, les parents sont plus attentifs à l'alimentation de leur enfant. Ils veulent lui éviter de grossir et lui donnent souvent peu de graisses. Trop peu en réalité, car l'enfant a absolument besoin de bonnes graisses (par ex. huiles végétales, certains poissons). Elles sont nécessaires au développement du cerveau, notamment. Les parents sont parfois trop scrupuleux sur ce point.’


Supplément de vitamine D

‘On conseille aujourd'hui de donner des suppléments de vitamine D aux jeunes enfants. Je ne suis pas pour’, plaide Virginie. ‘En fait, je me fie surtout à mon instinct pour l'alimentation de mes enfants. Tant qu'ils restent en bonne santé et actifs, je ne m'en fais pas.’
Martine Robert: ‘Pourtant, il est conseillé de donner des suppléments de vitamine D aux jeunes enfants, du moins en hiver. La vitamine D se forme essentiellement dans la peau lorsque celle-ci est exposée à la lumière du soleil. Comme la Belgique est peu ensoleillée et que les enfants jouent de moins en moins dehors, ils présentent souvent une carence en vitamine D.


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